Jean Levasseur et Marguerite Richard
Auteur : Gilles Brassard
Source : https://conversationsancetres.wordpress.com/2019/09/29/70-jean-levasseur-et-marguerite-richard/
L’Association des Levasseur d’Amérique remercie M. Brassard de nous permettre la reproduction de son article.
Ce couple arrive à Québec en 1651 ou en 1652. Leur fille Anne est née et baptisée à Québec le 22 juillet 1652. Jean et Marguerite sont peut-être arrivés en Nouvelle France l’année précédente, ou Marguerite aura fait la traversée enceinte au printemps 1652.
Jehan Levasseur et Marguerite Richard passent leur contrat de mariage le 23 avril 1645 devant le notaire parisien Jean Le Semelier. (1) Ce contrat ne permet pas d’en savoir beaucoup plus sur la famille Levasseur, mais il donne des informations qui permettent de mieux connaître la famille de Marguerite.
Jean est dit maître menuisier demeurant rue Guérin Boisseau, paroisse de Saint Nicolas des Champs, et être fils de défunt Noël Levasseur, vivant aussi maître menuisier, et de feue Geneviefve Gaugé. Marguerite est dite fille de Nicolas Richard « quand il vivoit maître lapidaire à Paris et de feue Jeanne Bonnet ». Ses parents étant décédés, c’est son grand-père, François Bonnet, maître patenostrier et marchand verrier, demeurant dans la même rue, qui stipule pour elle.

Détail du plan de Paris de Merian de 1615. J’ai encadré en bleu la rue Guérin Boisseau, où habitaient presque tous les membres des familles concernées par cet article. La rue allait de la rue Saint Denis à la rue Saint Martin. Elle a été amputée du plus de la moitié de sa longueur au XIXè siècle, lors de la transformation du quartier par le percement du boulevard de Sébastopol et de la rue de Réaumur. Juste au dessus, j’ai aussi encadré l’église de Saint Nicolas des Champs, paroisse des Levasseur, des Richard et des Bonnet.
Les témoins de Jean sont Pierre Levasseur, compagnon menuisier, son frère, Toussaint Asté, maître passementier à Paris, oncle à cause de Marie Gaugé, sa femme, Claude Dufresnoy, maître serrurier à Paris, cousin issu de germain, Louis Dymier, clerc au greffe criminel de la Cour de Parlement, cousin germain à cause de Charlotte Levasseur, sa femme, Pierre Savary, marchand frippier, cousin issu de germain, à cause de Marie Dufresnoy, sa femme, Nicolas Danet, maître charron, son cousin, Noël Roy, meunier, cousin, Jean Hubert, maître tailleur en jais, cousin à cause de Denise Lefébure, sa femme. Jean avantage sa future épouse de la somme de 1000 livres. Il signe en fin de contrat.

Les témoins de Marguerite sont Françoise Gaugé, sa tante, femme de François Bonnet, Denis et François Richard, maîtres passementiers boutonniers à Paris, oncles paternels, Léon Tarisien, maître rubannier à Paris, oncle à cause de Marguerite Richard, sa femme, Guillaume Richard, cousin germain ( un autre acte nous apprend qu’il est fils d’Adrian Richard ), Philippe Dupille, maître passementier boutonnier, Benoist Richard, maître porteur de sel au grenier de Paris, Pierre Rade, maître doreur enlumineur sur cuivre, Nicolas Gobert, praticien, Robert Gobert maître cordonnier, tous cousins, Louis du Hamel, marchand à Paris, cousin. Suivent Girard Grougnes, Jean de Gastines, Nicolas (?) Desnots et Pasquier Godemer, ses amis. Marguerite apporte à la communauté mille livres sur la valeur d’une maison sise rue Guérin Boisseau qui lui appartient par la succession de sa mère, Jeanne Bonnet. Le surplus de la valeur de la maison lui reste en propre et ne fera pas partie de la communauté.
François Bonnet « oncle dudict futur espoux » ( la mère de Jean, Geneviève Gaugé, est la soeur de Françoise Gaugé, femme de François Bonnet ) lui donne la somme de 900 livres sous forme de rente. Si Jean meurt sans enfant, la somme reviendrait à François Bonnet ou à ses autres héritiers. Françoise Gaugé donne « a ladicte future espouse, sa petite fille » la somme de 1200 livres à prendre sur ses biens au jour de son décès, sauf si la future épouse décède sans enfants, auquel cas, les 1200 livres reviendraient aux autres héritiers de Françoise.
Cette profusion de témoins cités dans leur contrat de mariage ne permet malheureusement pas de remonter beaucoup plus loin l’ascendance des époux. Je suis arrivé, en consultant un nombre assez important d’actes, à comprendre les liens de cousinages énoncés dans le contrat, et à bien me représenter les deux familles élargies, mais je n’ai pas pu remonter beaucoup dans l’ascendance de tous ces cousins.
La famille de Marguerite apparaît assez clairement à travers deux actes.
L’inventaire après décès de sa mère, Jeanne Bonnet, d’abord. Il est passé à la requête de Nicolas Richard, son mari, le 17 octobre 1633 devant le notaire Martin Tabouret. (2) On y apprend que Marguerite n’avait qu’un frère, François, mineur comme elle, mais l’inventaire ne donne aucune information sur l’ascendance de Jeanne. François, frère de Marguerite, n’est pas présent lors du contrat de mariage de sa soeur. Était-il décédé, ou avait-il quitté Paris ?
Le contrat de mariage que passe sa tante, également nommée Marguerite, que j’appellerai Marguerite l’aînée, le 24 février 1633, avec Léon Tarisien devant le notaire Denis Camuset, permet de remonter une génération supplémentaire du côté Richard. (3)
C‘est son frère Nicolas qui stipule pour elle. Ses autres témoins sont Anthoine Richard, laboureur à Longvillers Boncourt, en Beauvaisis, son frère, Adrian Richard, bourgeois de Paris, aussi son frère, Denis Richard, maître passementier boutonnier à Paris, François Richard, compagnon du métier de passementier boutonnier, également frères, Jacques Richard, laboureur, neveu ( il est le fils d’Anthoine, nommé plus haut ). Marguerite la jeune, femme de Jean Levasseur avait donc au moins quatre oncles, Adrian, Anthoine, Denis et François, et une tante, Marguerite.
Le contrat de mariage de Marguerite Richard et Léon Tarisien donne le nom des parents de Marguerite. Il y est question des droits successifs qu’elle tient de la succession de « deffuncte Jehane Dupille, sa mère, au jour de son déceds veufve de feu Pacquin ( ? ) Richard, vivant père d’icelle future espouse ». Pacquin Richard et Jehane Dupille sont les grands-parents de Marguerite Richard, femme de Jean Levasseur.
François Bonnet est présent à la signature de ce contrat de mariage; il est beau-père de Nicolas Richard et doit certainement connaître les autres membres de la famille. Un peu plus étonnant, Noël Levasseur, père de Jean, est aussi présent. Les familles Richard, Bonnet et Levasseur se fréquentent donc déjà en 1633, douze ans avant le mariage de Jean Levasseur et Marguerite Richard.
Denis Richard, oncle de Marguerite la jeune et frère de Marguerite l’aînée, passe un contrat de mariage avec Françoise Régnier le 2 avril 1630 devant le notaire Etienne Gerbault. (4) Il est dit dans le contrat qu’il est veuf de Catherine Lavenue. Le 8 octobre 1618, Martin Ladvenu et Claude Bénédic, sa femme, avaient fait une donation à leur fils, Barthélémy et à leur fille Catherine, femme de Denis Richard.
Le village de Longvillers Boncourt, en Beauvaisis, m’a évidemment mis la puce à l’oreille, et je suis allé consulter les registres de la paroisse sur le site des Archives départementales de l’Oise. La commune a changé de nom après la révolution, et s’appelle désormais Noailles.

Carte du diocèse de Beauvais dressée sur les Mémoires de M. Le scellier, conseiller du roi / par Guillaume Del’Isle, 2 lieues de Beauvoisis… ( Gallica ). On voit Beauvais, au nord, et j’ai entouré en rouge Longvillers et Boncourt, et Ponchon, juste au dessus.
Jacques Richard, fils d’Anthoine, (les deux sont présents lors de la signature du contrat de Marguerite l’aînée et de Léon Tarisien), épouse Jehanne Gobert le 23 janvier 1633 à Longvillers Boncourt. (5) Jacques et Jeanne baptisent quelques enfants dans les années qui suivent dans la même paroisse. Après le décès de Jeanne Gobert, le 1er novembre 1640, (6) Jacques Richard épouse Charlotte Thouzin le 20 janvier 1643 à Longvillers Boncourt. (7)
Anthoine Richart, demeurant à Boncourt, est décédé le 27 janvier 1641 et a été inhumé dans le cimetière de Longvillers. (8) Il doit s’agir du frère de Marguerite l’aînée.
Il y a d’autres Richard à Longvillers Boncourt, mais je n’y ai pas trouvé de traces de membres parisiens de la famille Richard. D’autres noms, rencontrés dans les registres de ce village, font cependant penser que la famille y avait des attaches, et peut-être même ses origines. On trouve des Dupille, des Gobert, des Danetz, des Radde, noms qui figurent dans le contrat de mariage de Jean Levasseur et Marguerite Richard. De plus, la grand-mère de Marguerite, femme de Pacquin Richard s’appelait Jehane Dupille.
Dans la paroisse voisine de Ponchon, Philippe Dupille et Françoise Richard se marient le 12 juillet 1644. Leurs parents ne sont pas nommés. (9) Il s’agit peut-être du cousin de Marguerite, présent à la signature de son contrat de mariage avec Jean Levasseur et dans quelques autres actes concernant la famille Richard.
François Bonnet, le grand-père de Marguerite, est intéressant. Il est maître patenostrier en émail et marchand verrier. Le patenôtrier était un artisan qui fabriquait des chapelets. On trouve plusieurs traces de lui dans le Fonds Laborde, et quelques actes dans le Minutier Central des notaires de Paris. C’est lui, on l’a vu, qui stipule pour Marguerite lors de son contrat de mariage en avril 1645.
Sept ans plus tôt, déjà au nom de Marguerite Richard, à titre de tuteur, il avait renoncé le 29 septembre 1638, devant le notaire Martin Prieur, à la succession de Nicolas Richard. (10)

Aujourd’huy est comparu pardevant les notaires gardenotes du roy nostre Sire en son Chastelet de Paris soubz signez, François Bonnet, Maître patenostrier en esmail et marchand verrier à Paris, y demeurant rue Guérin Boisseau, paroisse Sainct Nicolas des Champs, au nom et comme ayeul maternel et tuteur de Margueritte Richard, fille mineure de deffuncts Nicolas Richard, vivant Maître lapidaire à Paris et Jeanne Bonnet, ses père et mère. Lequel, en la présence, du consentement et par l’advis de Adrian Richard, bourgeois de Paris, oncle paternel et subrogé tuteur de ladicte mineure, Denis Richard, Maître passementier boutonnier à Paris, aussy oncle paternel, Léon Tarisien, maître tourneur en bois, oncle paternel à cause de sa femme, Pasquier Godemer, maître passementier boutonnier, amy, Michel Vacquer, maître rentrayeur, amy, et Marin Guérard, compagnon passementier boutonnier aussy amy et voisin, tous demeurant en ceste ville de Paris. A dict et déclaré et par ces présentes déclare qu’il renonce, en la qualité de tuteur de ladicte Margueritte Richard, à la succession dudict deffunct Nicolas Richard son père, attendu qu’elle est plus onnéreuse que profitable à ladicte mineure…
Des cousins de Marguerite se trouveront dans la même situation douze ans plus tard. Les enfants mineurs d’Adrien Richard, praticien frère de Nicolas, et de Suzanne Raveneau, renoncent, de l’avis de leur tuteur Guillaume Richard, leur frère, et de Denis Richard, Philippe Dupille et Léon Tarisien, leurs oncles, à la succession de leurs parents, puisqu’elle serait » plus onnéreuse que profitables » audits mineurs. L’acte est daté du 19 décembre 1645. (11)
François Bonnet, maître patenostrier en émail, et Catherine Hennet ( Humectz ) baptisent deux enfants à Saint Nicolas des Champs, dont le Fonds Laborde a gardé la trace. Jacques, baptisé le 22 juillet 1588 et Dominicque, le 30 janvier 1590.
On apprend aussi dans le Fonds Laborde que le samedy 28 octobre 1624, Catherine Hennet, aagée de cinquante et neuf ans, femme de François Bonnet, maître patenotrier et marchand verrier, prise rue Guérin Boysseau, inhumée à l’églize, avec l’assistance de monsieur le curé et de vingt quatre hommes d’église, y compris les quatre porteurs du corps mort, service complet célébré à son intention, le corps présent. (Saint Nicolas des Champs)
Catherine Hennet, déjà mariée à François Bonnet en 1588, et décédée en 1624 est forcément la mère de Jeanne Bonnet, et la grand mère de Marguerite Richard.
Le 24 octobre 1638, devant les notaires Jacques Roussel et Denis Camuset ( dans les minutes duquel on le trouve ) avait été passé le contrat de mariage de François Bonnet, maître patenostrier en émail et marchand verrier, et de Françoise Gaugé, veuve de feu Nicolas Richard, vivant marchand lapidaire à Paris. (12) L’acte est passé dans la maison où habite la future épouse, dans sa chambre, en présence de Jeanne Baudellet, sa mère, veuve de feu Gilles Gaugé, Jean Dufresnoy, maître serrurier à Paris, son oncle, Pierre Savary, marchand fripier à Paris, Nicolas Danetz, maître charron, Claude Dufresnoy, maître serrurier, cousins, et Pasquier Godemer, maître passementier boutonnier à Paris, beau-frère.
Le Fonds Laborde nous apprend encore que quatre jours plus tard, Le jeudy 28 octobre 1638, a esté publié le 1er ban entre François Bonnet, maître patenostrier en esmail et marchand verrier, veuf de feüe Catherine Heumet, demeurant rue Guérin Boisseau, d’une part, et Françoise Granger, veufve de feu Nicolas Richard, vivant marchand lapidaire, demeurant en ladicte rue, d’autre part, tous deux de cette paroisse… Espousez le dimanche 14è jour desdicts mois et an* en présence de Claude Bonnet, marchand de vin, aagé de quarante ans, nepveu dudict François Bonnet, demeurant à Rosny, et d’Héleine Bonnet, femme de Robert Gobert, savetier, niepce dudict François Bonnet, demeurant rue Plastrière, et d’Anne Bonnet, femme de Jean de Bréban, maître patenostrier, aussi niepce dudict Bonnet, demeurant rue Saint Denis, et de Jeanne Boudelet, veufve de feu Gilles Gauger, vivant gaignedenier, père et mère de ladicte Françoise Gauger, demeurant Guérin Boisseau, et de Claude du Fresnois, sereurier, cousin maternel de ladicte Gauger, aagé de trente ans, demeurant rue de la Cordonnerie, et de Pierre Savari, maître frippier, aagé de cinquante ans, cousin de ladicte Gauger, demeurant rue de la Fripperie. (Saint Nicolas des Champs)
*Le 14 octobre 1638 n’est pas un dimanche, et les époux ne se seraient certainement pas mariés avant la publication de leur premier ban. Ils se sont mariés le 14 novembre 1638, qui est bien un dimanche.
Toujours dans le Fonds Laborde: Le mardi 19 janvier 1649, François Bonnet, maître patenostrier boutonnier en émail, aagé de quatre vingts dix ans ou environ, a esté pris rue Guérin Boisseau, porté et inhumé dans l’église, service complet avec les chants à son intention, le corps présent, avec l’assistance de monsieur le curé et de vingt quatre presbtres. (Saint Nicolas des Champs)
Françoise Gaugé est qualifiée de tante de Marguerite Richard dans son contrat de mariage avec Jean Levasseur. Je ne suis pas arrivé à trouver de quelle façon elle pouvait être sa tante. Les liens entre Jean Levasseur, Marguerite Richard, François Bonnet et Françoise Gauger sont étonnants. Je n’ai pas croisé souvent une telle superposition de liens. François Bonnet est oncle par alliance de Jean Levasseur, puisque sa seconde épouse est la sœur de Geneviève Gaugé, mère de Jean. Il est également le grand-père de Marguerite Richard. Françoise Gaugé est tante maternelle de Jean Levasseur, mais fut également la belle-mère de Marguerite Richard, ayant épousé Nicolas Richard, et elle fut encore la belle-grand-mère de Marguerite par son mariage avec François Bonnet.
Françoise en était probablement à son troisième mariage, ayant épousé en première noces Pierre Godemer, maître passementier boutonnier. Les deux époux se font une donation mutuelle le 3 janvier 1628 devant Pourcel et Pourcel, notaires à Paris. (13) Le nom de Françoise est, dans cet acte, d’abord écrit Goger, puis Gauger. Ce premier mariage expliquerait la présence de Pasquier Godemer, cité comme beau-frère de Françoise dans son contrat de mariage avec François Bonnet.
Dans son testament, passé le 11 juin 1658 devant Etienne Thomas, notaire à Paris (14), outre les dispositions qu’elle prend au plan religieux, Françoise Gaugé fait les donations suivantes:
- elle lègue trente livres à l’Hôpital général
- elle lègue trente livres à l’oeuvre et fabrique de Saint Nicolas des Champs, sa paroisse
- elle donne et lègue à Nicolas de Gastines, « son compère et son amy » (le mot compère s’emploie souvent pour désigner le parrain), la somme de cent livres.
La suite concerne ses neveux et nièces.
Et quand au surplus et residu de tous et chacun ses biens, tant meubles qu’immeubles, de quelque nature qu’ils soient, ladicte testatrice les donne, lègue et laisse, scavoir moictyé à Françoise Hatté, sa niepce, ou sy elle deceddait avant ladicte testatrice à Margueritte le Roy, sa fille, et l’autre moictyé à Pierre et Jeanne le Vasseur, ses nepveu et niepce esgallement ou à leurs enffants s’ils estaient déceddés avant ladicte testatrice, faisant ladicte Françoise Hatté, sa niepce, sa légataire universelle pour moictyé en sesdicts biens, et lesdicts Pierre et Jeanne le Vasseur pour l’autre moictyé esgallement. Daultant qu’à l’esgard de Jean le Vasseur, son nepveu à cause de Margueritte Richard, sa femme, il a esté advantagé par ladicte testatrice suffisamment par son contrat de mariage au moien de quoy, icelle testatrice veult et déclare qu’iceulx Jean le Vasseur et sa femme ne puissent rien prétendre ny avoir aucune chose en sadicte succession. Françoise Gaugé, on l’a vu plus haut, avait donné à Marguerite Richard, en faveur de son mariage avec Jean Levasseur, 1200 livres à prendre sur ses biens au jour de son décès.
Un codicille est ajouté au testament le 16 octobre 1666. Françoise est au lit, malade de corps mais saine d’esprit. Elle révoque la donation de trente livres à l’Hôpital général, et déclare que ces trente livres iront aux enfants de Crestophle de Rollet et de Jeanne Levasseur, sa femme.
Le 8 janvier 1659, Jean Levasseur est à Paris. Son épouse, Marguerite Richard lui a donné procuration pour aller régler ses affaires à Paris, vendre, louer ou bailler à rente les biens immobiliers qu’elle tient de sa mère et de son grand-père. Jean se présente avec Françoise Gaugé devant le notaire Etienne Thomas pour régler le partage des biens de François Bonnet, dont Marguerite est dite seule et unique héritière. Jean Levasseur et sa tante s’entendent sur les comptes, Françoise gardant les biens qui lui sont dus aux termes de son contrat de mariage et de la donation entre époux qu’elle avait passé avec son défunt mari. et de divers actes qui sont cités dans ce partage. Elle conservera en pleine propriété une maison rue Guérin Boisseau, et Marguerite recevra une autre maison, située dans la même rue.
L’inventaire après décès de Françoise Gaugé, fait devant Etienne Thomas, notaire, le 4 novembre 1666 (15), confirme les éléments contenus dans son testament. Il contient des copies du contrat de mariage de Jean Levasseur et Marguerite Richard, et de celui de Christophe Drollet et Jeanne Levasseur, puisque Françoise avait fait des donations aux deux couples lors le la signature de ces contrats. L’inventaire ne donne malheureusement pas d’informations sur les deux premiers mariages de Françoise Gaugé, avec Pierre Godemer puis Nicolas Richard.
En regardant le contrat de mariage de Jean Levasseur avec Marguerite Richard, et celui de François Bonnet avec Françoise Gaugé, on croise deux personnes intéressantes.
Marie et Claude Dufresnoy, cités dans les deux contrats, sont dits cousins issus de germains de Jean Levasseur, et cousins maternels de Françoise Gaugé. La mère de Marie et Claude Dufresnoy, dont le père, Jean, est également cité comme oncle de Françoise Gaugé, est forcément une soeur de Jeanne Baudelet.
Pour que les Dufresnoy soient cousins issus de germain de Jean Levasseur, il faut que leur père ou leur mère soit cousin germain de Noël Levasseur ou de Geneviève Gaugé.
Le contrat de mariage de Claude du Fresnoy avec Mathurine Berrié donne la réponse. Il est passé devant Jean le Semelier, notaire à Paris, le 2 février 1651. Les minutes de le Semelier pour cette année-là sont perdues, mais le contrat apparaît dans les insinuations du Châtelet de Paris. (16) Claude y est dit fils de défunt Jean du Fresnoy, maître serrurier, et de Mathurine Baudelet, jadis sa femme.
Pour finir, je joins le bas de la page où sont les signatures des témoins au contrat de mariage de Jean Levasseur et Marguerite Richard.

-
- La marque de François Bonnet, grand-père de Marguerite. Il ne sait pas signer.
- Jean Levasseur
- Louis Dymier, cousin germain de Jean à cause de Charlotte Levasseur
- Pierre le Vasseur, frère de Jean
- Girard Grougnes, ami de Marguerite
- Toussainct Asté, oncle de Jean
- Claude du Fraisnoy, cousin issu de germain de Jean
- Nicolas Danets, cousin de Jean
- Jehan Hubert, cousin de Jean à cause de Denise Lefébure, sa femme
- Louys du Hamel, cousin de Marguerite
- Jehan de Gastines, ami de Marguerite
- Nicolas Desnots, ami de Marguerite
- Denis Richard, oncle de Marguerite
- François Richard, oncle de Marguerite
- Philippe Dupille, cousin de Marguerite
- Benoist Richard, cousin de Marguerite
- Nicolas ou Robert Gobert, cousin de Marguerite
- Pierre Rade, cousin de Marguerite
- Nicolas ou Robert Gobert, cousin de Marguerite
- Le Cat, notaire
- Le Semelier, notaire
Notes:
Dans mes articles, mes transcriptions reprennent l’orthographe originale, mais je développe les abréviations, et j’ajoute les accents et la ponctuation pour rendre les textes plus lisibles.
(1) Archives Nationales de Paris, minutes du notaire Jean le Semelier, MC/ET/LIX/103
(2) AN de Paris, minutes du notaire Martin Tabouret, MC/ET/IX/369
(3) AN de Paris, minutes du notaire Denis Camuset, MC/ET/XXXV/132
(4) AN de Paris, minutes du notaire Etienne Gerbault, MC/ET/II/132
(5) Archives départementales de l’Oise, 3E462/1, BMS Noailles 1605/1738, vue 71/334, page de droite
(6) AD de l’Oise, 3E462/1, BMS Noailles 1605/1738, vue 87/334, page de droite
(7) AD de l’Oise, 3E462/1, BMS Noailles 1605/1738, vue 92/334, page de droite
(8) AD de l’Oise, 3E462/1, BMS Noailles 1605/1738, vue 89/334
(9) AD de l’Oise, 3E504/1, BMS Ponchon 1614/1696, vue 139/291 page de droite
(10) AN de Paris, minutes du notaire Martin Prieur, MC/ET/LII/13
(11) AN de Paris, Registre des Tutelles, Y//3916, consulté sur le site Familles Parisiennes
(12) AN de Paris, minutes du notaire Denis Camuset, MC/ET/XXXV/154
(13) AN de Paris, Insinuations du Châtelet de Paris, Y//168
(14) AN de Paris, minutes du notaire Etienne Thomas, MC/ET/LVII/74
(15) (14) AN de Paris, minutes du notaire Etienne Thomas, MC/ET/LVII/89
(16) Insinuations du Châtelet de Paris, Y//189